CAVADEE: DESCRIPTIF

Cette cérémonie donne l'occasion à la communauté indoue de la Réunion de rendre hommage au dieu Mourouga, le chef des armées célestes, dieu de la jeunesse et de la beauté. Un défilé des pénitents portant le kavadi passe dans de nombreuses villes pour clôturer la fête des dix jours. Des prières sont rendues tout au long de la cérémonie et cette fête célèbre la victoire du Bien sur le Mal.

Le Cavadee est célébré plusieurs fois dans l'année. Les fidèles, pour participer à cette cérémonie, jeûnent dix jours et hissent le kodi (pavillon) indiquant le début de cette période sacrée. Commence alors une préparation spirituelle et mentale, une purification du coeur et de l'âme, abstinence, prières et offrandes.

La fête des dix jours se déroule en général selon le schéma suivant: dix groupes d'hommes se forment en association. Chacun des groupes est placé sous la direction d'un président qui se charge de l'organisation d'une journée de festivités et de cérémonies au temple. Chaque jour, on renouvelle la décoration florale au temple, on fait un pouja (ensemble de rituels) et on offre un repas. La veille de la procession, l'ensemble des pénitents reçoit la bénédiction et la protection de Mourouga pour leur pénitence. Ils souhaitent demander au dieu d'éclairer leur chemin, de les guider vers le bien et de prospérer dans leur vie.





Le premier jour de la fête est marqué par la montée du kodi. Ce rite s'appelle le Kodi Ettram. Le matin, après avoir adressé des prières au Soleil Soulièn et à Ganèsh, on monte le kodi sur lequel se trouve l'effigie d'un coq, emblème de Souplémanièl. On fixe au mât du kodi un bouquet de fleurs, une jeune canne à sucre et une gerbe de feuilles de vétyver. On attache également un kap (cordelette jaune) au poignet des pénitents. L'après-midi est consacré à un pouja qui, dans certains cas, revêt une solennité particulière. Après la consécration des offrandes aux dieux, les fidèles font la circumambulation du temple.

Le dixième jour de la fête, au matin, les pénitents et pénitentes qui ont fait le voeu de porter le kavadi et de se faire transpercer les joues, la langue et le corps d'aiguilles, se rendent à la rivière accompagnés par les fidèles et le prêtre. Après s'être éloignés un instant pour prendre un bain, ils revêtent des habits propres. Ils décorent avec des fleurs la structure de leur kavadi qu'ils ont confectionné depuis la veille avec du bambou fixé sur une sorte de portique en bois. Ils accrochent par-dessus des petits vases de cuivre remplis de lait et soigneusement recouverts d'un morceau de tissu.

Les prêtres et quelques fidèles qui savent le faire, transpercent les deux extrémités de la bouche des pénitents par une large aiguille d'argent. Certains se font aussi percer par des aiguilles en forme de Vel (lance sacrée) la langue, les épaules, le dos ou encore le ventre sur lesquels sont accrochés à leur peau des hameçons au bout desquels pendent des citrons. Avant de piquer les aiguilles, on enduit la peau du pénitent d'un peu de cendre sacrée provenant du égyon. D'autres se voient bâillonner la bouche par un ruban rose (couleur de la divinité) afin de respecter leur voeu de silence. Les aiguilles sont disposées comme des plumes, on fait cela pour représenter les traits du paon et l'homme qui porte le kavadi a ainsi l'aspect du paon, véhicule du dieu Soubramanian.

Précédés par des musiciens et parfois de danseuses, accompagnés d'une foule de croyants auxquels se mêlent de nombreux curieux et touristes, pénitents et pénitentes, ces derniers la bouche voilée, portent le kavadi (parfumé au miel et au lait) sur les épaules ou sur la tête, se rendent ensuite en procession jusqu'au temple. La procession s'arrête devant chaque maison où des fidèles offrent un plateau de fruits, de fleurs et de parfums. Le prêtre consacre les offrandes qui seront ensuite partagées par la famille.

Avant d'arriver au temple, certains pénitents chaussent des sabots de bois à clous. Les pénitents et pénitentes entrent au temple en marchant sur les genoux. On leur enlève leurs aiguilles. Ils retirent ensuite les vases de lait attachés au kavadi et après en avoir versé un peu sur la statue de Ganèsh, distribuent le reste à l'assistance.